Big rectrice is watching you
On ne le dira jamais assez, être sur les réseaux "sociaux", c’est accepter d’être fiché·e jusque dans les recoins les plus intimes de sa vie. C’est donner à une entreprise transnationale (et donc à ses actionnaires) un accès des plus détaillé à son profil psychologique, ses habitudes de consommation, ses opinions politiques, ses croyances…
Bref, une fiche des renseignements territoriaux mais en bien plus fine !
Il existe bien des réseaux plus "éthiques" et sécurisés comme Mastodon, Bluesky ou Signal. Mais encore faut-il savoir les paramétrer afin que seul·es ses ami·es proches aient accès aux informations désirées.
Mais pourquoi parler de ça sur un site syndical ?
Parce que ton employeur te surveille !
Il scrute tes réseaux sociaux, tes publications et tout ce qui peut permettre d’avoir un dossier sur toi, des choses à te reprocher…
Au cas où.
Commençons par le commencement
Ta boîte professionnelle est ton outil de travail. Ta hiérarchie t’oblige à l’utiliser pour toute communication dans le cadre de tes fonctions. Il peut en être de même pour Pronote, Elyco, Eprimo…
C’est pourquoi, premier conseil, tu dois bien faire attention à tout ce que tu écris via ce canal de communication. Il doit servir exclusivement à des messages d’ordre professionnels et RIEN D’AUTRE. Et même dans le cadre professionnel, tu ne dois rien y dire qui puisse t’être reproché : traits d’humour, remarques sur ta hiérarchie, propos familiers, reproches sur le coup de la colère…
« Bof, si c’est à un·e collègue de confiance, ça va ! »
NON, ça ne va pas. Tes moyens de communication professionnel sont consultables à tout moment par ta hiérarchie. Même ton adresse en ac-nantes.fr qui, pour être lus par les chef·fes, doit normalement faire l’objet d’une demande à la rectrice. Mais c’est visiblement accordé plus souvent qu’on ne l’aurait cru étant donné le nombre de collègues que nous suivons qui ont subi ce genre d’ingérence.
Et cela va encore au-delà. Puisqu’en cas de courriel prouvant ta bonne foi en cas de gros conflit avec ta hiérarchie, ou même de courriel pouvant prouver un certain acharnement, plusieurs collègues ont vu tous leurs messages, sur la période incriminée, effacées par l’opération du St esprit. Puisque ce dernier n’existe que dans des mythes moyenâgeux, on se doute de qui a pu faire ça.
Donc, second conseil, tous les messages pouvant faire office de preuve dans un conflit avec un·e collègue harcelant·e ou avec ta hiérarchie doivent être systématiquement transférés sur ta boîte personnelle qui, bien évidemment, n’a pas le même mot de passe que ta boîte pro… Ce n’est pas le cas ? Change immédiatement les 2 mots de passe et opte pour 2 différents et suffisamment compliqués (une phrase de passe est idéale).
« Oui, mais sur mes réseaux, c'est différent ! »
Re-NON !
Car, accroche-toi bien, des personnels du rectorat ou de l’inspection académique sont payés (bien plus que tu ne le seras jamais) pour surveiller tes réseaux en cas de conflits. Car si ton·ta chef·fe t’a dans le nez, même si tu n’as rien à te reprocher, iels vont chercher et chercher. Jusqu’à trouver (nul·le n’est parfait·e).
Encore une fois, plusieurs personnes ayant fait appel à SUD éducation 85 se sont vu·es reprocher des propos tenus dans le cadre d’un échange privé sur des réseaux sociaux. Avec parfois des convocations voire des conséquences disciplinaires à la clé. Et oui, tu te doutes bien que ces personnes avaient commis un oubli de configuration sur leur compte et que les dit-propos étaient rendus publics. Mais pas que. Parfois, il s’est avéré qu’un·e bon·ne collègue était plus ami·e avec la hiérarchie qu’avec la personne impliquée…
"Oui mais moi j’ai mis mon compte en privé. Seul·e mes ami·es de confiance voient mes propos."
C’est déjà mieux. Mais sache qu’internet garde tout ce que tu y mets à vie !
Et sache surtout que les personnels payés pour te surveiller vont pousser le vice jusqu’à créer de faux profil (ou pas) pour te demander en ami·e et ainsi avoir accès à tes publications privées. Là encore, SUD a eu affaire à ce genre de procédé malhonnête.
Alors quoi ? On n'écrit plus rien ?
Tu peux écrire mais en respectant les conseils donnés.
1- Sur tes outils professionnels, uniquement des échanges pro avec le ton et le vocabulaire approprié.
2- Sur tes réseaux, paramètre ton profil en privé, fais-toi aider si tu n’y arrives pas. Et n’accepte en ami·es que de vrai·es ami·es proches.
Oui, on reconnaît un peu les conseils du B2i mais chacun·e peut oublier ou faire une erreur. Notre expérience dans l’accompagnement le confirme chaque année malheureusement.
Et pour ce qui est des échanges avec la hiérarchie, dès que tu as un doute, demande à l’oral, avec une personne de confiance comme témoin. Certain·es chef·fes ont déjà pris cette habitude depuis des années pour se dédouaner en cas de problème.
Et sinon, tourne-toi vers ton syndicat.
