Cette année 2026 débute avec des nouvelles réjouissantes… pour les riches et les vendeurs d’armes.
Plus de 7 milliards d’euros en plus pour l’armée, et un recrutement de 40 000 militaires. Un ministère de l’éducation qui publie un guide pour « acculturer les jeunes à la défense », un service militaire remis au goût du jour… des armes, des armes et encore des armes. Jusque dans des journées « Vis ma vie de prisonniers », jusque dans les écoles élémentaires avec le passeport du civisme financé par le milliardaire d’extrême droite Stérin, jusque dans les journées d’appel… Et si la jeunesse se rebelle, on lui envoie des gardiens de la paix pour la frapper, comme ce fut le cas à Rennes la semaine passée.
Mais pourquoi vouloir autant embrigader la jeunesse ? Lui faire porter l’uniforme ?
Si ces temps-ci, les gens de pouvoir veulent transformer la jeunesse tant en chair à canon qu’en chair à patron, c’est parce que le capitalisme ne tient plus. Pour faire perdurer l’illusion de la croissance infinie et le mythe du ruissellement, il n’y a pas 36 solutions. Il faut vendre ce qu’il reste de services publics et surtout enfermer, mutiler ou tuer les opposant·es politiques. Que ce soit par une ICE aux États-Unis ou une Brav-M en France. Syndicalistes, Gilets Jaunes, jeunes révolté·es de banlieue, défenseureuses du vivant, kanaks anticolonialistes… toustes y passent. Il faut faire la guerre, accaparer les richesses de colonies ou de pays vaincus. La misère est alors mieux cachée. Reléguée dans le Sud Global, dans la ruralité ou les banlieues abandonnées par l’État, mise derrière des barreaux ou dans des sacs mortuaires. C’est uniquement à ce prix que 8 personnes sur Terres possèdent autant que la moitié des humain·es les plus pauvres selon le dernier rapport accablant d’Oxfam.
1365 postes supprimés dans le second degré. Une centaine dans notre académie. Alors qu’il est prouvé depuis des années qu’un faible effectif en classe est corrélé à une plus grande réussite. Et dans ce cas, corrélation et causalité vont de paire. Qu’est-ce que cela veut dire quand la reproduction sociale bat son plein en France ? Quand le déterminisme scolaire à la française ne laisse pour seul rêve aux enfants de pauvres que de finir pauvres, surtout si celleux-ci sont non blanc·hes ? Quand seule la culture légitime, la culture bourgeoise, n’a de valeur au sein du système scolaire puis dans le monde du travail ? Quelle place pour la diversité ? Pour les pas de côté, pour les pensées originales ? Pour rêver un monde meilleur où ne se dessine pas des profs humanoïdes dont la vente de l’IA et de la carcasse fera dépasser le billion à la fortune de Musk, autre milliardaire d’extrême droite n'hésitant pas à lever le bras devant les caméras ou tenir des propos antisémites sur les réseaux sociaux.
L’IA… Une panacée selon certain·e. Pas une semaine sans qu’on nous bassine avec des formations à l’IA. « Utilisez l’IA ! Pour vos cours, avec vos élèves, pour l’administratif.. Cessez donc de réfléchir, l’IA le fait pour vous. Car réfléchir, c’est déjà désobéir au MEN. »
Mais vivons-nous sur la même planète ? Dans la même réalité ? Car dans la nôtre, celle de Solidaires, nous prenons connaissance des rapports de l’ONU alertant sur la faillite hydrique. Et nous savons à quel point l’IA est sur-consommatrice d’eau douce. Dans notre réalité, le dérèglement climatique fait consensus dans la communauté scientifique, or l’IA est un gouffre énergétique. Dans notre réalité, si nous travaillons avec des enfants occidentaux, ce n’est pas pour que les enfants du Sud Global se tuent au travail, dans des mines de métaux rares dont l’extraction détruit la terre où iels vivent, ou en devenant des travailleur·euses du clic, alliéné·es par une activité répétitive génératrice de troubles psychiques. C’est pourquoi nous ne pouvons qu’inciter toute la chaîne hiérarchique du MEN à suivre un stage de formation syndicale abordant les problèmes liés à l’IA. Parce qu’en fait, nous vivons dans le même monde. C’est juste que par ignorance ou cynisme, certain·es préfèrent ne pas le voir.
Ce même monde, que SUD éducation souhaite rendre plus éthique, plus égalitaire, plus libre, plus pacifique en tant que syndicat de transformation sociale.
Mais cette transformation ne se fera pas sans perdant·es : les riches, les personnes avides de pouvoir, les personnes haïssant l’altérité…
Elle ne se fera pas non plus sans moyen, que nous devrons prendre sur le sécuritaire et dans les poches des nanti·es.
Ces moyens serviront à faire valoir nos revendications :
- 25 élèves maximum par classe dans le second degré, 16 en collège en éducation prioritaire et 20 en bac professionnel.
- Une rémunération revalorisée pour l’ensemble des personnels en réduisant les écarts de salaire de 1 à 3.
- La titularisation de tous les personnels sans exigence de concours ou de nationalité.
- La création d’un corps de fonctionnaire pour les AESH et AED.
- La fin du financement de l’école privée.
- La rénovation du bâti vieillissant en favorisant la durabilité et les exigences climatiques.
- Le désamiantage total pour parvenir à des établissements zéro amiante.
- La fin de tous les partenariats avec des entreprises privées ou dispositifs faisant l’apologie du nationalisme ou de l’armement.

