Déclaration de SUD Education académie de Nantes à la CAPA portant sur les recours PPCR

Madame la Rectrice de l'Académie de Nantes, Mesdames et Messieurs les commissaires paritaires, Mesdames et Messieurs les membres de l’autorité académique,

Nous aurions pu nous retrouver au lendemain de la journée internationale des droits de femme si cette CAPA n'avait pas été reculée. Nous nous retrouvons donc au lendemain du second tour des municipales et nous ne pouvons passer sous silence des atteintes à la neutralité des lieux d'enseignement ainsi qu' à une irrégularité entre les deux tours à la Roche-sur-Yon. Avant le premier tour, dans la même ville, toute une équipe d'une liste de droite présentait à la presse ses colistiers et colistières devant le lycée Pierre Mendès France sous prétexte que la tête de liste y avait été 50 ans plus tôt scolarisé. Puis entre les deux tours, citoyennes et citoyens, salarié.e.s du public comme du privé ont été outré.e.s d'apprendre qu'un directeur d'école se permette sans aucune éthique envoyer aux parents d'élèves de son école une lettre les incitant explicitement à voter pour une liste de droite pour éviter des répercussions financières pour l'école de leurs enfants. Il s'agit de l'école privée Jeanne d'Arc. Un autre courrier, signé cette fois de l'OGEC sous le couvert du chef d'établissement Notre Dame avait la même teneur. Comment pouvons-nous tolérer de tels manquements ? Nous attendons, Mme la Rectrice, des explications et nous espérons que de tels agissements ne se sont pas multipliés dans les communes de notre académie.

Pour revenir à cette CAPA, nous nous étonnons de sa date tardive, la première de cette année scolaire, et un calendrier qui s’est rempli avec un nombre important de CAPA dans les mois à venir. Nous souhaitons évoquer ici la journée internationale des droits des femmes qui se répercute maintenant tout au long du mois de Mars. Pour notre part, c'est une lutte de chaque jour de l'année tant les inégalités hommes femmes persistent au sein de l’Éducation nationale. Les inégalités salariales entre les hommes et les femmes demeurent importantes du fait des promotions plus rapides pour les hommes entre autres même si l’on tend à les rééquilibrer. Mais il est nécessaire de préciser que les heures supplémentaires et indemnités pour différentes missions sont captées majoritairement par les hommes. Parallèlement les femmes prennent davantage de temps partiels et de congés parentaux et sacrifient leurs carrières.

Dans cette CAPA, nous allons étudier les recours PPCR, il est toujours intéressant d'avoir les statistiques genrés des promotions qui nous éclairent sur l'équité de celles-ci. L'an passé, SUD Éducation, lors de la CAPA sur le même objet, s'est étonné de l'affichage des pourcentages par les services qui masquaient les pourcentages réels par genre. Le DRH s'était alors engagé à le corriger, il n'en est rien malheureusement. De nouveau, nous pouvons constater que certains ratios apparaissent favorables aux femmes mais s'avèrent erronés et que c'est en fait l'inverse. Nous interviendrons donc de nouveau lors de la lecture des tableaux pour rappeler les pourcentages sur le nombre total de femmes et d'hommes concernés. Nous nous interrogeons également sur le code couleur choisi. Le rose pour les filles et le bleu pour les garçons peuvent apparaître comme un affichage désuet et finalement pas très grave. Pourtant, il démontre la forte prégnance des stéréotypes de genre alors que l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle est aujourd'hui un enseignement obligatoire de nos écoles, collèges et lycées.

Nous demandons donc une nouvelle fois, pour l'an prochain, un affichage différent mais aussi d'opter pour un code couleur à la hauteur des ambitions de l'Académie de Nantes pour l'égalité filles garçons. Nous vous avions également demander l'an passé d'avoir une statistique genrée pour les recours gracieux, nous réitérons cette demande.

Peu de personnels ont formulés un recours gracieux suivi d'un recours devant la CAPA, 7 y ont renoncé cette année, non pas qu'elles, ils, se satisfassent du résultat de leurs entretiens de carrière, ne nous méprenons pas. La plupart de nos collègues sont aujourd'hui fatigué.es, désabusé.e.s et cherchent à quitter l’Éducation nationale par le biais de rupture conventionnelle ou par démission pure et simple. L'épuisement professionnel et la souffrance au travail se concrétisent aussi dans les fiches SST qui se multiplient dans les établissements d'autant plus que certaines pratiques managériales s'avèrent toxiques. Nous craignons que la rentrée 2026-2027 marque une nouvelle dégradation pour les personnels.

En effet, pour la rentrée de septembre, de nombreuses suppressions de postes ont été annoncées, la baisse démographique étant l'argument phare qui masque une véritable austérité budgétaire d'une ampleur sans précédent. Moins d'élèves donc moins de professeurs, cela est asséné comme une évidence alors qu'en réalité ce sont des choix politiques. La baisse démographique pourrait et devrait être l'occasion d'initier enfin la baisse des effectifs par classe afin de permettre la réussite de tous les élèves, une véritable inclusion de tous.tes et d'améliorer les conditions de travail de tous les personnels. Les compléments de service connaissent une augmentation inquiétante et laisse entrevoir un deuxième mouvement départemental géré par les services à l'échelle départementale, une surcharge de travail non négligeable pour elles eux à déplorer. L'affectation des collègues sur un complément de service éloigné de leur affectation actuelle ne prend en compte aucun des critères qui prévalent dans le mouvement intra. Comment alors assurer une équité entre les personnels concernés ? Par ailleurs, le mouvement intra est fortement contraint par la situation budgétaire et de nombreux postes ont été gelés pour laisser la place à des BMP dans les établissements. De nombreux postes espérés par d'autres sont fléchés pour des stagiaires et pour certains depuis de nombreuses années. Tous ces facteurs annoncent donc un mouvement des personnels limité qui accroît le mécontentement des personnels.

La journée de mobilisation intersyndicale du 31 mars prochain est l'occasion d'exprimer le désengagement de l’État qui conduit à rendre exsangue le service public d'éducation. SUD Éducation se bat et se battra aux cotés des personnels pour une revalorisation salariale digne pour toutes et tous et des conditions de travail et d'enseignement profitables à toute la communauté éducative.