Déclaration SUD éducation Vendée au CSA-SD du 12 mars 2026
En premier lieu, nous déplorons, encore une fois, l’envoi bien trop tardif et contraire au règlement des documents de travail (la veille) qui, par sa récurrence, devient une entrave au droit syndical. Loin de blâmer les personnels de la DSDEN qui font aussi les frais d’une politique de destruction des services publics, SUD éducation 85 estime que ces dysfonctionnements ont pour responsables les personnes ayant justement choisi les responsabilités et les privilèges qui vont avec.
Ce CSA-SD confirme le mauvais budget adopté par les député.es à coup de 49.3 qui prévoyait la suppression de 3256 postes dont 1365 postes dans le second degré. L’académie de Nantes n’était pas épargnée avec 99 postes supprimés dont 23 en Vendée. Reste que l’austérité n’est pas pour toute le monde puisque le ministère des armées voit son budget progresser de plus de 7 milliards, confirmant les projets de préparation de guerre au plus haut niveau de l’État. L’éducation à la paix ne devrait pas pour autant être négligée.
Selon les documents fournis, 45 gels sont prévus, 29 suppressions pour 13 créations, et ce n’est qu’un début. Nous devons nous interroger sur le nombre de postes neutralisés et les conséquences délétères pour les personnels. La multiplication de CSD pour éviter les suppressions de postes et de CSR faute de besoins pérennes est inquiétante. Les conditions d’enseignement se dégradent pour les personnels avec des compléments de service à faire sur un autre établissement. La réforme « Blanquer » au lycée engendre chaque année des besoins fluctuants dans les disciplines et impactent les conditions de travail soit par des injonctions à absorber des heures supplémentaires soit en complétant son service dans un autre établissement. Les collègues en sont réduits à demander des temps partiels pour tenir. La souffrance au travail se généralise. Parallèlement, la baisse démographique au niveau des collèges cette année se traduit par des suppressions avec 8 mesures de carte scolaire mais aussi par l’accroissement de CSD dans de nombreux établissements. L’affectation sur tous les compléments de service est préoccupante, assisterons-nous à un mouvement parallèle ? Selon quels critères pour assurer une égalité de traitement des personnels ? A t-on évalué la charge de travail supplémentaire pour les services ?
Le ministère gâche pourtant une occasion historique de baisser les effectifs par classe et ainsi d’accompagner les projets pour la réussite des élèves, de donner des moyens à l’EVARS, à l’inclusion ou de rénover le bâti scolaire.
En mai 2025, un rapport de l’Institut des politiques publiques préconisait de profiter de la baisse démographique pour améliorer le taux d’encadrement des élèves : «Malgré les dédoublements en éducation prioritaire, les classes françaises restent parmi les plus chargées d’Europe, alors que les recherches soulignent les bénéfices d’un meilleur taux d’encadrement sur les performances scolaires et les salaires futurs, notamment pour les élèves les plus défavorisés.» L’effet de la baisse des effectifs par classe sur les résultats scolaires ne fait plus débat. C’est d’ailleurs, ce qui a conduit le ministère, à partir de 2017, à dédoubler les classes de CP, CE1 et GS en éducation prioritaire.
L’inclusion est défaillante faute de moyens suffisants : ces élèves en situation de handicap nécessitent une attention particulière, des adaptations pédagogiques ou des explications spécifiques, voire un accompagnement individuel. Le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisé·es avec l’appui du dispositif Ulis augmente de 1,2% chaque année. Ils et elles seront environ 60 000 en 2029. Ce chiffre confirme l’urgence d’une meilleure prise en charge dans les établissements. Cependant, avec des effectifs trop importants et des AESH en nombre insuffisant, il est impossible d'apporter toute l'aide nécessaire à la réussite de ces élèves. Ainsi, malgré la bonne volonté des personnels qui ne peuvent se dédoubler, leur accompagnement se retrouve sacrifié ou bien les autres élèves davantage délaissé·es. Un nombre important de signalements dans les RSST témoigne de ces difficultés à enseigner dans des classes trop chargées en comparaison des besoins des enfants.
Concernant le dispositif EVARS aucun moyen n’est attribué en terme d’heures et il repose sur la bonne volonté des personnels, il s’agit pourtant d’un dispositif attendu et souhaité par tous les personnels. Il est là encore prouvé que l’EVARS est l’une des solutions les plus efficaces pour réduire les VSS. Mais malgré les scandales à répétition, cette absence de moyens alloués tend à montrer que malgré des effets d’annonces, le gouvernement n’a pas grand-chose à faire des VSS même si les victimes sont des enfants. Pas étonnant quand on voit à quel point des prédateurs sexuels sont défendus ou excusés jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Pas étonnant quand on voit qu’une soit-disant « première dame » traite de « sales connes » des militantes féministes luttant justement contre les VSS.
Mediapart, dans une enquête paru le 9 mars, dénonce également le déni du ministère concernant l’amiante : les collègues restent ainsi exposé⋅es, des cancers professionnels commencent à apparaître et le ministère commence tout juste un recensement… les milliards nécessaires à cette rénovation font reculer les collectivités locales pourtant en charge des locaux.
Le système éducatif est étouffé par le manque de moyens, les injonctions contradictoires et les réformes successives qui n’ont d’autres objectifs de réduire les budgets et de favoriser l’émergence d’un secteur privé, rendu payant pour les familles renforçant les inégalités sociales. D’ailleurs, un rapport récent de l’Institut des politiques Publiques montre que si rien n’est fait, l’enseignement privé confessionnel sera majoritaire d’ici 2035 à Paris renforçant ainsi la ségrégation sociale. Pourtant certains discours politiques instrumentalisent la laïcité pour en faire un rempart face aux religions... enfin, rempart à l’islam essentiellement.
Ces fonds publics qui alimentent également des instituts pouponnières de la haine dont nous avons un exemple en Vendée. L’ICES qui ne voit aucun problème à ce que certain⋅es de ses enseignant·es ou conférencier·ères se revendiquent ouvertement « éthno-différentialistes » (raciste en somme, n’ayons pas peur des mots) ou écrivent des articles sexistes et transphobes dans le torchon d’extrême droite « Valeurs Actuelles » tout en étant membres d’un mouvement anti-républicain. En cette période trouble où l’inversion des valeurs bat son plein, où une majorité de député·es font une minute de silence en l’honneur d’un militant fasciste, où les alliances de gauche sont décrites comme des alliances de la honte, où une candidate à la mairie de Paris se dit prête à s’allier avec une députée européenne appartenant au même groupe parlementaire que des personnes se revendiquant néo-nazi·es selon ses propres mots… la lutte contre tous les berceau du fascisme devient une nécessité. Nous devons tou⋅tes retrouver la fierté d’être les héritier·ères des Résistant·es contre le nazisme et contre le militarisme Et dans cette optique, la fin du financement ou de l’intervention en milieu scolaire des associations aux idées d’extrême droite doit être la règle de même que la fin de tous les partenariats avec l’armée.
Nos revendications
Ainsi, pour améliorer les conditions d’apprentissage de chacun·e des élèves et tenter de réduire le poids des inégalités sociales dans leurs résultats scolaires, pour favoriser une réelle inclusion et faciliter le suivi individuel des élèves pour les faire progresser, mais aussi pour améliorer les conditions de travail des personnels et redonner du sens à leur métier, SUD éducation revendique l’application immédiate des effectifs maximaux suivants :
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en éducation prioritaire : 16 élèves par classe en école et collège, 12 en Segpa et 20 en lycée ;
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hors EP : 20 élèves par classe école et collège, 12 en Segpa, 20 élèves en lycée pro et 25 en lycée général et technologique.
Ces maximums devront être adaptés afin de rendre l’école réellement inclusive.
SUD éducation revendique également :
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un cadrage national des heures en demi-groupes dans le second degré, avec le dédoublement d’au moins la moitié des heures de chaque discipline ;
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le renforcement des postes spécialisés : Rased, Ulis, AESH, personnel médico-social intégré à l’EN ;
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l’augmentation du nombre de postes de vie scolaire, avec notamment au moins un·e CPE pour 100 élèves et un·e AED pour 50 élèves en éducation prioritaire.
Pour cela, il faut non seulement profiter de la baisse démographique mais aussi recruter des personnels enseignant·es à la hauteur des besoins, recruter également des personnels non-enseignant·es indispensables à la prise en compte des besoins particuliers : personnels du médico-social, AESH, AED, Rased…
