Comment ne pas commencer une instance sans revenir sur ce qui ne change pas ?
En premier lieu, SUD éducation 85 tient à revenir sur le Passeport du Civisme suite à de nouveaux scandales entourant ce dispositif, qui a été désavoué par le ministre de l’éducation lui-même en février de cette année lors d’une réponse au député de Vendée Philippe Latombe qui voulait le généraliser.
Pendant que vous essayez de vous rendre respectable aux yeux de la frange la plus réactionnaire de la droite vendéenne en accompagnant le fondateur de ce « passeport » pour l’adapter coûte que coûte aux exigences de l’Éducation Nationale, lui se pavane dans un banquet du Canon Français en compagnie de la France la moins fréquentable.
Stérin, Historock, Puy du Fou, De Rugy… les « red flags » ne manquent pas.
Alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir en France, menaçant par leur existence même l’enseignement public, le statut de fonctionnaire, le code du travail ainsi que la sécurité de nombre d’élèves (non blanc·hes, voyageur·euses, allophones, exilé·es, trans…), il est urgent que la hiérarchie prenne ses responsabilités en faisant le minimum requis sur ce dossier : faire suivre la réponse cinglante du ministre de l’éducation à tou·tes les enseignant·es du premier degré !
Que dire encore quand des « syndicats » agricoles également en connivence avec la droite extrême viennent par un biais ou un autre, intervenir auprès des élèves ? Que ce soit par des menaces de la FNSEA et de la CR comme cela l’a été au lycée Branly l’an passé, par les interventions sur la « nutrition » du CIV ou encore par la distribution de cahiers de vacances des JA dans toutes les écoles. Vous ne faites aucune communication à l’intention des enseignant·es pour les avertir de la menace que représentent ces outils et de leur absence totale de valeur pédagogique.
En revanche, d’autres associations, certainement jugées trop « woke », n’ont plus leurs entrées à l’EN. Lorsqu’en CSA vous dites, Madame la Présidente, que le Planning familial ne pourrait pas intervenir dans le plan de formation à l’EVAR(S) afin de ne pas engendrer de polémique, vous répondez en fait favorablement aux demandes de l’extrême-droite. Et pendant ce temps, les professeur·es des écoles attendent toujours une formation à l’EVAR… sauf quand SUD éducation 85 se charge de ces formations à la place de l’employeur.
Mais nous sommes réuni·es aujourd’hui pour parler conditions de travail. Ce n’est pas sans lien puisque quand les formations syndicales ne sont plus remplacées, contrairement à ce qui avait été promis les années précédentes, c’est le droit syndical qui est attaqué de plein fouet. Comment imaginer qu’un personnel puisse sereinement user de ses droits en sachant qu’iel va devoir fournir un travail triple de préparation tout en surchargeant ses collègues ?
Collègues qui pour beaucoup vont déjà voir leurs conditions de travail bien dégradées (encore) à la rentrée prochaine suite à cette carte scolaire taillant à la faux dans les effectifs des personnels. Car tou·tes les élèves n’ont pas la chance d’avoir des « conditions royales » pour apprendre comme celles qu’a vécues notre préfet avec sa scolarité dans « une classe à 4 élèves ». Enseignant·es retiré·es de leur classe pour assurer le SAV des PAS, fin des AESHi à cause de ces mêmes PAS : l’avenir de l’inclusion passerait par moins de personnels formés face aux élèves à besoins éducatifs particuliers ? De qui se moque-t-on ?
Mais quand le Secrétaire Général ironise en disant qu’au vu de l’augmentation du nombre de notifications, 100 % des élèves seront un jour notifié·es, ça ne fait qu’alimenter le confusionnisme de la théorie de « l’appel d’air ». Reconnaître le handicap créerait des handicapé·es, scolariser des étranger·ères favoriserait l’immigration… SUD éducation rejette cette rhétorique dangereuse.
Nous avons besoin de personnels formés. Et ce n’est pas le plan de formation avec français/maths en rotation qui fait avancer les choses. Sinon, depuis le temps que les PE n’ont que ça, les résultats PISA l’auraient montré. Les personnels ont besoin de formation pour apprendre à enseigner avec ces élèves à besoin particulier. On a vidé les structures du médico-social sans mettre les moyens humains dans l’Éducation Nationale. Nous n’avons pas besoin d’un·e éducateurice spécialisé·e par PAS mais dans les écoles, dans les classes, intégré·es aux équipes.
Ces derniers jours, la canicule a encore mis en difficulté les personnels. Cours et locaux inadaptés, temps de travail qui n’est pas réduit, préconisations médicales de personnels à risque non suivies, demandes d’allégement restant sans réponse… Le réchauffement climatique, conséquence du productivisme capitaliste, est une réalité et nous devons le stopper mais aussi nous y adapter. Car ces phénomène caniculaires sont amenés à se répéter d’années en années et à être de plus en plus fréquents selon les climatologues.
Enfin, nous terminerons cette déclaration en rappelant que dans cette instance, comme en CDEN, nous sommes là pour défendre le service public d’enseignement et uniquement public.
En effet, lors du dernier CDEN, nous aurions apprécié que vous, Mme la Présidente, soyez plus ferme avec les élu·es de la région à l’annonce discriminante et classiste de doubler les frais de transport pour les élèves scolarisé·es en RPI ou quand ces mêmes élu·es faisaient l’apologie du dualisme scolaire à la vendéenne qui « donne le choix » aux familles. Quand on sait que certains établissements privés catholiques sous contrat ont en toute impunité des pratiques illégales, comme la messe obligatoire pour n’en citer qu’une, il ne s’agit pas d’un choix éducatif entendable mais bien d’un endoctrinement de la jeunesse. L’Éducation nationale se rend coupable en le laissant perdurer.
