Déclaration liminaire de SUD éducation 85
CSA carte scolaire du 31-03-2026
Des documents arrivant la veille du groupe de travail, une seule phase à cette carte scolaire, une baisse des moyens conséquente, un non respect du règlement de l’instance… Sommes-nous là pour faire vivre le dialogue social, ou pour servir de caution démocratique au système de tri social qu’est redevenue l’école de la République ?
Quel travail attend-on des représentant⋅es du personnel dans ces conditions ? Qualité empêchée, perte de sens, charge de travail démesurée dans un laps de temps réduit, la nuit, travail le week-end, impossibilité d’apporter des réponses aux personnels, conflit éthique à devoir bâcler le travail… Les représentant⋅es du personnel doivent-iels aussi rédiger des fiches SST pour que leurs RPS soient pris en compte ?
Vous nous dites, Madame la Dasen, que le temps a été réduit pour tout le monde, que vous n’avez pas voulu négliger des étapes, comme les échanges avec les IEN, avec les collectivités… et que c’est pour ça que nous avons les documents si tard. Mais en fait, vous avez bien négligé une étape. Celle de l’étude des documents par les représentant⋅es du personnel. Alors effectivement, dans un système autoritaire, cela importe peu. La hiérarchie impose de manière descendante et la base doit appliquer en ne disant rien. Mais à SUD éducation, syndicat anti-hiérarchique, nous considérons que c’est à la base de décider. C’est à la base de gérer ses affaires. Et c’est donc à nous, représentant⋅es du personnel, dont les mandats sont, à SUD éducation, impératifs, limités dans le temps et révocables, que doit être déléguée la tâche de la carte scolaire. Une carte scolaire gérée par et pour les personnels est le seul gage d’équité. Nous ne jouons pas nos postes, ni nos carrières. Nous n’avons que faire des pressions diverses et variées que peuvent faire des élu⋅es aux bras longs sur des fonctionnaires dont la carrière dépend des desiderata des dirigeant⋅es.
C’est pourquoi à SUD éducation nous ne pouvons reconnaître cette instance comme démocratique alors que déjà elle se doit d’appliquer des coupes budgétaires uniquement à destination du peuple et des plus précaires.
Mais cette destruction des services publics ne fait pas que des perdant⋅es. Les milliardaires, les néofascistes et les armées se frottent les mains quand le service public essentiel déserte le quotidien. Nous l’avons déjà exprimé dans une précédente déclaration.
Et il y a aussi le privé séparatiste catholique qui, en Vendée, surfe sur cet abandon de l’école laïque et gratuite. Dans de nombreuses communes, des parents fuient les écoles publiques, malgré des investissements sans faille des équipes, sous le coup d’une rumeur, d’une politique publicitaire agressive du privé, d’un chantage à l’admission au collège voire au lycée privé, d’une tromperie sur des « formations au handicap » ou des options qui seraient le monopole du privé. Et ce même privé, sous contrat ou non, dont des liens avec l’extrême droite et la droite extrême ne cessent d’être divulgués par la presse.
Le néofascisme et sa contrepartie économique, le capitalisme, privilégient le privé qui le leur rend bien. La boucle est bouclée.
Concernant cette carte scolaire, est-ce besoin d’entretenir le suspens ? Nous voterons contre !
L’idée d’une concertation rapide avec le médico-social et de dévouer des postes, et non des heures supplémentaires, pour la gestion des AESH est méritoire. Mais si cela est fait à moyens constants, on va droit dans le mur. Encore une fois. Pour 2024, le projet de Loi Finance avait prévu le recrutement de 100 enseignant⋅es pour animer le déploiement de 100 PAS. Qu’en est-il des 9 postes pour l’ouverture des 9 PAS en Vendée ? On a du mal à croire à un recrutement en dehors de la dotation vue l’hécatombe planifiée par le projet de carte scolaire : 51 fermetures de postes ! Sous couvert de défense de l’école inclusive, nous allons devoir subir la fermeture d’un poste en SESSAD, un autre à l’unité d’enseignement des Buissonnets, en UDAT… Moins de postes face aux élèves à besoins particulier mais plus derrière des bureaux. Pas plus d’AESH mais plus d’élèves à aider. C’est l’inclusion 2.0. Est-ce que ça fonctionne ? Non ! Mais peu importe puisque ce sont essentiellement les classes populaires qui en font les frais. De la poudre aux yeux, de l’ « inclusion-washing » pour que des élu⋅es puissent continuer à se regarder dans la glace et surtout conserver leur électorat. Merci le libéralisme ! 9 postes en PAS pour des missions que plus personne ne voulait exercer. On a pourtant essayer de mobiliser les chef⋅fes d’établissement du secondaire, d’appâter des personnels avec des heures supplémentaires. Mais rien n’y faisait, travailler plus quand la mission consiste à poser des pansements sur des jambes de bois, ça ne fait pas rêver. Alors il y a désormais ces supports PAS.
Des fusions d’école, encore pour économiser des moyens. Économiser sur des décharges de direction, des primes de direction, des formations de direction… Tout ça pour avoir plus d’écoles-usines qui risqueront la fermeture de classe dès l’année suivante comme on peut le constater cette année. Et quand cela est en plus imposé dans les écoles des classes populaires, avec un IPS au plus bas, cumulant les difficultés, on est en droit de se demander ce que cherche à faire l’Éducation Nationale.
Non, cette carte scolaire ne nous convient pas. Non les modalités des instances ne sont pas respectées. SUD éducation 85 ne collaborera pas à cette casse de l’école publique en cautionnant de telles mesures.

