Déclaration SUD Education à la CAPA du 9 juillet 2026

déclaration 9 juillet 2026 capa

Déclaration liminaire de SUD éducation A cadémie de Nantes

CAPA du jeudi 9 juillet 2026

Monsieur le Recteur de l'Académie de Nantes, Mesdames et Messieurs les commissaires paritaires, Mesdames et Messieurs les membres de l’autorité académique,

Une troisième canicule affecte une nouvelle fois les territoires de l’Académie de Nantes en ce début juillet, elle fait suite à celle du mois de mai et à celle du mois de juin. Le réchauffement climatique affecte toute la communauté éducative : les personnels des établissements scolaires mais aussi les personnels des directions académiques et ceux du rectorat. Pourtant tout le monde ne souffre pas de chaleur, à l’instar de Bernard Arnaud, le Recteur, certains chefs de services ou directeurs académiques et chefs d’établissements ont des bureaux climatisés ou ventilés avec des appareils efficaces. Ils n’ont pas du travailler tant bien que mal avec des ventilateurs bas de gamme achetés dans la précipitation. Les fiches SST se sont multipliées mais aussi un appel à la grève des professeurs de lettres pour dénoncer leurs conditions de travail dégradées. Nous ne sommes pas à égalité face à ces vagues de chaleur au travail comme à domicile. Si dans certains milieux aisés, la nuit est réparatrice, dans une majorité d’autres, les nuits ont été suffocantes du fait de bâtis non adaptés à la canicule. Mais c’est bien, hier, dans un hémicycle climatisé que les sénateurs ont validé la loi Vincent Jeanbrun, pour revoir le classement des logements considérés comme des passoires thermiques et ainsi permettre de les réintroduire dans le parc locatif. Ainsi , nous constatons qu’une majorité de dirigeants sont dans le déni du réchauffement climatique et de ses conséquences dramatiques. Ces vagues de chaleur ont provoqué plus d'un millier de décès. Il faut aussi souligner que l'âge et le genre sont des facteurs aggravants. Nous ne pouvons pas ignorés les femmes ménopausées particulièrement impactées et victimes de maux de tête, de fatigue accrue faute de sommeil liée à l’absence de thermorégulation corporelle. Ces femmes sont nombreuses et pour autant ne sont pas considérées comme des personnels vulnérables lors de ces épisodes caniculaires et pourtant il serait temps de les prendre en compte.

Mais que font les collectivités territoriales, les services de l’Éducation Nationale face à cette récurrence de vagues de chaleur ?  Peu,  mis à part augmenter le parc de ventilateurs, bon marché, achetés dans l’urgence du fait d’une offre restreinte au vu de la demande. Les oraux du baccalauréat ou les écrits du DNB se sont tenus le plus souvent dans des conditions difficiles et peu respectueuses des personnels comme des élèves. Les préconisations de notre ministre de tutelle avec des mesures prises localement, au cas par cas, ont généré seulement une rupture d’égalité entre les élèves.

Parallèlement, les établissements préparent la rentrée avec des DHG insuffisantes et des effectifs qui par conséquent gonflent inexorablement dans les collèges et les lycées.   En Vendée, mais certainement aussi dans les autres départements, la dotation en aide éducative a été envoyé fin juin suite à une nouvelle méthode de calcul réalisée dans un groupe de travail réunissant chefs d'établissement et services académiques. Ce groupe de travail a eu lieu au mois de mai ( mentionné dans le courrier à destination des établissements fin juin ) alors que les recrutements avait déjà été faits. Quel signal donne t-on à ces personnes recrutées sur un temps plein qui se voient in fine proposé un temps partiel ou parfois plus rien du tout.  Comment cautionner un telle mésestime de la part des services de l’Éducation Nationale vis à vis des CPE qui ont procédé au recrutement faute d'informations et vis à vis des personnels recrutés ? Nous ne pouvons tolérer de tels procédés comme leurs conséquences avec des vies scolaires en souffrance et un encadrement moindre dans de nombreux établissements. Les modes de calcul ne prennent jamais en compte ni le plan des EPLE, ni l’architecture des internats souvent sur plusieurs étages mais seulement les effectifs. Ainsi la dotation n’est donc pas adaptée et nuit au climat scolaire faute d’encadrement suffisant.

La précipitation et l'impréparation semblent d’ors et déjà marquer notre future rentrée scolaire. L’ interdiction des portables au lycée parue au BO le 2 juillet est tardive. Ainsi, les règlements intérieurs pourront dans le meilleur des cas être modifiés courant septembre. Les conditions ne sont donc pas remplies pour l’efficience de cette mesure. A charge de la communauté éducative de mettre en place dans l'urgence une nouvelle communication ministérielle, nous sommes une nouvelle fois dans un amateurisme peu acceptable.  Que dire aussi de ces chartes IA qui se multiplient dans les établissements sans regard critique et donc sans dénoncer que l'utilisation de celle ci contribue à un désastre écologique et au réchauffement climatique. N’est ce pas une posture climato-sceptique Mesdames, Messieurs ?

Aujourd'hui nous devons échanger sur la titularisation des stagiaires, de leur éventuel redoublement voir refus de titularisation.  Sur 246 stagiaires auxquels si on soustrait les 19 stagiaires non évalués, c'est à dire 227, 31 n'ont pas été titularisés ( 22 en renouvellement, 1 non renouvelé, 8 non titularisés) soit 13% et selon le même mode de calcul 2% pour les agrégés. Le tableau ne nous indique pas les matières concernées par les non titularisation, pas plus que  le nombre de stagiaires convoqués au rectorat pour un oral complémentaire, c'est bien dommage. Ce dernier est particulièrement anxiogène pour les candidat.es d'autant plus que le plus souvent ils ont un seul avis négatif sur les trois avis demandés. Nous retrouvons ce même schéma pour les deux agrégés qui ont une proposition de renouvellement dans cette CAPA et cela ne peut que questionner les représentant.e.s des personnels.

SUD Éducation revendique une évaluation moins descendante et plus coopérative qui permettrait une entrée satisfaisante dans un métier de moins en moins attractif. 

SUD Éducation dénonce les nouvelles restrictions budgétaires à venir qui ne répondent pas aux enjeux de l'école de demain, des enjeux sociétaux dont la protection des mineurs,  des enjeux liés au dérèglement climatique entre autres.

Les défis sont nombreux pour l'année scolaire prochaine : protection de l'enfance, rénovation du bâti, école adaptée à tous les élèves, protection des personnels. Le service public d'éducation saura t-il enfin à la hauteur ?