Malgré une instance en visio avec des déboires techniques, SUD éducation 85 a remonté la parole des équipes sur les difficultés rencontrées sur le terrain.
Manque d’informations
Nous avons mis l'accent sur le manque de communication autre que les conseils lunaires et parfois inapplicables du ministère quant à la canicule.
Plus de 40 fiches RSST liées à la canicule ont été rédigées ! Il est anormal de n'avoir aucune réponse de l’institution.
Il existe de trop grandes disparités dans la façon dont est gérée cet épisode caniculaire avec des inéquités flagrantes entre académies voire même entre circonscriptions.
Concernant les ASA (Autorisation Spéciale d'Absence)
Le recensement des personnels vulnérables n'a pas été effectué. Alors que c’est une injonction du ministère.
Ces personnels vulnérables (personnes en situation de handicap, en ALD, personnes en obésité, personnes enceintes…) n'ont pas été avertis de leur droit à une ASA.
(Si tu es dans cette situation, contacte-nous afin de bénéficier d'une ASA.)
Pire, ces ASA ont été dans un premier temps refusées !
ll a été demandé à certains personnels de consulter leur médecin⋅e pour être mis en arrêt, perdant de fait une journée de salaire ainsi que 10% sur les autres jours arrêtés.
(Si tu es dans cette situation, contacte-nous afin de récupérer tes journées de salaires.)
Ces ASA n'ont été délivrées qu'après intervention de SUD éducation 85.
Selon la Dasen, la DSDEN n'a pas à recenser les personnes vulnérables (secret médical).
Pour SUD éducation, c'est le rôle de la médecine du travail, sauf qu'en Vendée, nous n'en avons plus !
Alors de fait, si les personnes vulnérables ne sont pas recensées, les ASA doivent être acceptées par défaut comme cela est le cas dans d'autres académies.
Le rôle de la médecine du travail est justement de prévenir l’administration des personnels vulnérables qui doivent être avertis par leur hiérarchie qu’iels peuvent ne pas venir et demander une ASA.
Cas par cas dans les circo
Parfois, des IEN autorisent la moitié des personnels à rentrer si la majorité des élèves sont absent⋅es, parfois... rien.
Surtout si les écoles ne demandent rien à leur IEN, rien ne se passe.
Dans certaines municipalités, les écoles ont été fermées, parfois les mairies les ferment juste l'après-midi, parfois... rien.
Des municipalités ont proposé comme seul endroit frais l'église ! La Dasen s'est opposé à cette proposition par soucis de laïcité. Nous la rejoignons sur ce sujet.
Pour la Dasen, la continuité du service public et la protection de l'enfance sont des priorités. Nous sommes en accord avec cette formulation mais pas avec les conclusions.
Ce n'est pas aux personnels de l'éducation nationale de faire garderie tout en cumulant une continuité pédagogique en distanciel !
Ce n'est pas aux enseignant⋅es de faire face aux risques dus aux bailleurs louant des logements indignes et en surchauffe.
Le personnel municipal est habilité à accueillir les enfants dont les parents ont des professions essentielles et a accès à des endroits frais dans lesquels faire cours nous est impossible.
Certains PIAL ont autorisé les AESH a rentrer chez elles si les enfants qu'elles suivaient étaient absent⋅es.
Parfois cela a été fait si aucun⋅e enfant notifié⋅e n'était absent⋅e.
Et parfois on les a obligées à rester malgré tout.
SUD éducation demande une harmonisation des pratiques par le haut et une F3SCT de rentrée pour les planifier.
Et entre académie
Dans d'autres départements de l'académies, il n'y a eu aucun problèmes pour les personnels vulnérables pour obtenir des ASA.
A Paris, les ASA sont délivrées avec une déclaration sur l'honneur pour les personnels vulnérables, mais aussi pour garde d'enfant (pour les personnels dont l'école des enfants ferme) ou pour cause d'éloignement du lieu de travail nécessitant de longs trajets.
En Vendée, obtenir les ASA a été un parcours kafkaïen résolu par SUD éducation. Quant aux ASA pour garde d'enfants, la Dasen s'y oppose. Concernant les longs trajets, elle en appelle au bon sens en cas de rotation des équipes... encore faut-il être au courant ET autorisé⋅e par son IEN. Car aucune consigne n'a été envoyée de la DSDEN et ces autorisations de départ anticipé ne se font la plupart du temps pas de façon écrites.
Qu'arriverait-il en cas d'accident de la route sur le chemin du retour en dehors des horaires habituelles ?
Sur les examens
Pour SUD éducation, maintenir les examens l’après-midi est inconscient.
Des fiches SST attestent de malaises dans les écoles : élèves, enseignant⋅es
On nous rapporte 34°C dans des salle d'examen pour des oraux du bac, avec comme seul matériel un ventilateur bruyant.
Les élèves passent leur examen dans des conditions ne leur permettant pas de réussir et ne garantissant pas leur santé, ni celle des personnels.
Nos revendications
- Pour SUD éducation, si les moyens de recension de la DSDEN sont inexistants (personnels vulnérables, longs temps de trajet sans clim, écoles surchauffées...), alors les écoles doivent être fermée le temps de la canicule. Les municipalités doivent alors mettre du personnel et des locaux frais à disposition pour accueillir les élèves en précarité thermique ou sans possibilité de rester chez elleux. Ceci afin que la continuité pédagogique puisse être assurée en distanciel par les équipes.
- La DSDEN doit recenser les états des écoles, l’isolation à la chaleur, les écoles disposant de clim…
- Il faut absolument une campagne de recrutement de médecin⋅es du travail avec des conditions de travail décentes : un⋅e par circonscription, équipe pluridisciplinaire (infirmier⋅ère du travail, psy du travail, ergo du travail…).
- Un plan de rénovation du bâti scolaire et de végétalisation des cours doit être planifié pour faire face aux canicules qui vont s'amplifier durant les années à venir à cause du dérèglement climatique.
- Nous demandons pour les personnels la possibilité d'avoir accès à un congé canicule, ainsi qu'à des ASA systématisées pour personnels vulnérables.
- La tenue d'une F3SCT consacrée à l'harmonisation des bonnes pratiques en cas de canicule.
SUD éducation s'oppose aux mauvaises idées suivantes :
- Faire porter le travail supplémentaire dû à la canicule à des services civiques ou d'autres personnels précaires et sous-payés.
- Faire faire de longs trajets aux brigades pour décharger les directeurices gérant la crise de la canicule.
- Faire du cas par cas sans communiquer ce qui est faisables aux personnels.
