Quand nos impôts financent un collège qui exclut les filles – Communiqué intersyndical

Les organisations regroupées en Vendée dans le collectif « Maintenant l’Ecole publique », tiennent à rappeler leur volonté de voir respecter le financement public au seul enseignement public. Elles demandent qu’un contrôle des financements des établissements privés soit opéré, ainsi qu’un strict respect des programmes auxquels ils sont actuellement astreints.

En 2023, la Cour des comptes a rendu public un rapport mettant en évidence les conséquences gravement inéquitables du financement public de l’enseignement privé sous contrat et les défaillances du contrôle de l’utilisation des fonds alloués par l’État et les collectivités territoriales aux établissements catholiques. En 2024, la mission parlementaire d’information a dégagé des conclusions analogues.

Huit postes d’inspecteurs dans l’Académie de Nantes sont chargés de s’assurer du respect des obligations pédagogiques et éducatives prévues dans les contrats liant l'établissement à l'État.

Il n’en reste pas moins qu’il est nécessaire de mettre au jour la totalité des financements publics de ces établissements. Les organisations seront donc très attentives aux suites données.

A l’heure où un nouveau programme scolaire sur l’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle, et à la Sexualité (EVARS) s’applique, l’Éducation Nationale continue de financer l’Espérance à Ste Cécile (école – collège – lycée).

Cet établissement privé sous contrat fait officiellement le choix de la non-mixité en excluant les filles dès le collège pour éviter « aux garçons d’autres préoccupations que leurs études et permettre le développement de toutes leurs facultés. » Il affirme que l’absence des filles « favorise en outre le développement de l’esprit de camaraderie et facilite les amitiés vraies et durables. ».

Ces remarques sexistes réduisent les jeunes filles à un statut d’objet sexuel tentateur et les jeunes garçons à des individus soumis à leurs pulsions sexuelles tout en niant la diversité des orientations sexuelles.

Alors que le programme EVARS « concerne tous les collèges et les lycées, publics et privés sous contrat, et se fonde notamment sur l’éducation contre les représentations stéréotypées, l’accompagnement de parcours de réussite pour les filles et les garçons, ou des choix d’orientation favorisant la mixité », comment est-il possible que cet établissement perçoive toujours de l’argent public du conseil départemental (plus de 65 000 € par an) et de l’État (plusieurs centaines de milliers d’euros) dans un contexte de recherche d’économies ?

L’école publique porte un tout autre projet, au profit de tous les garçons et toutes les filles de notre pays quelles que soient leurs origines.

Et « que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse ».

Signataires : FSU, CGT, SUD éduc, UNSA, Union des DDEN, Ligue de l'enseignement, les francas, FCPE, LDH

L'article Ouest-France : https://www.ouest-france.fr/education/en-vendee-un-college-de-garcons-pronant-la-non-mixite-se-retrouve-dans-le-collimateur-des-syndicats-74f67b7e-8fbe-11f0-a247-44b729b0842f