RENTRÉE SABOTÉE, PERSONNELS SACRIFIÉS : L’ÉDUCATION NATIONALE DANS LE CHAOS

Rentrée en "mode dégradé", personnels sacrifiés : l'Éducation Nationale dans le brouillard

 

À quelques jours de la rentrée, l'Académie de Nantes (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Vendée) reste privée d'une grande partie de ses services numériques. Depuis la coupure totale des accès le 25 juillet, le ministère n'a donné aucune date de retour à la normale — un mois d'inaction. Cet été, la DGFiP a reconnu le vol des données fiscales de près de 700 000 usager·ères. À l'Éducation nationale, l'intrusion a exposé 1,22 million d'élèves, 4,35 millions d'identifiants des personnels et 602 000 comptes académiques.

Après nous avoir imposé le tout-numérique, l'administration nous répond : débrouillez-vous avec un téléphone et du papier, il faut "sécuriser les flux". C'est une provocation.

UNE RENTRÉE À L'AVEUGLE

  • Messagerie professionnelle bloquée : impossible de joindre sa hiérarchie ou ses collègues. Des personnels nouvellement affecté·es ne savent toujours pas où ils et elles enseigneront.
  • Espace Numérique de Travail hors service : plus d'accès aux emplois du temps, aux dossiers d'élèves, ni aux communications avec les familles et donc impossibilité de se connecter à PRONOTE, excepté dans les établissements où l'administration a pu bricoler des identifiants temporaires.
  • Logiciel ONDE inaccessible : impossible d'inscrire les élèves ou de connaître les effectifs réels des écoles — les CSA de carte scolaire se tiennent à l'aveugle.
  • Logiciel de gestion OPALE : inaccessible et impossibilité pour les établissements de passer des commandes et pour les personnels de travailler.
  • Logiciel LIEN hors ligne : les infirmier·ières scolaires n'ont plus accès aux dossiers de santé des élèves.
  • Registre de Santé  et Sécurité au Travail inaccessible : impossible de signaler un accident, un risque ou une souffrance au travail, au moment  précis où la charge explose. 

Sur le terrain : remplaçant·es et AESH sans affectation connue, directions d'école qui bricolent avec des listes papier, des SMS et des appels, personnels administratifs en sous-effectif qui absorbent une surcharge sans aucun moyen supplémentaire.

L'Éducation nationale exige que tout passe par le numérique, puis découvre qu'elle n'a prévu aucun plan de secours quand le système s'arrête.

Visiblement, le rectorat n’a pas ouvert son cahier de vacances en communication de crise.

Depuis le début de la panne, SUD éducation a interpellé le rectorat à plusieurs reprises et demandé des réponses concrètes sur les conditions de rentrée, les outils de travail, les affectations et les conséquences pour les personnels. La seule réponse apportée à l’ensemble de nos questions tient en quelques mots : « C'est en cours de résolution ». Certes mais pas pour toutes et tous et d'une manière aléatoire selon les départements et les établissements.

Un zéro pointé pour la gestion de cette crise numérique. Les points d'étape mis en place par le rectorat (lundi 24 et mercredi 26 août) ont généré anxiété, confusion chez les représentant·e·s et ont soulevé de nouvelles questions.

VIGILANCE SUR LA PAIE DE SEPTEMBRE

Les outils de gestion des personnels sont à l'arrêt, des services téléphoniques ont été mis en place et indiqués sur les sites académiques.

Le recteur nous a garanti que les salaires seraient versés intégralement et à la date prévue mais nous appelons les personnels à vérifier que leur salaire correspond à leur service. Les personnels les plus exposé·es sont les entrant·es dans le métier, les stagiaires, les contractuel·les et les personnels ayant changé de quotité — tous les dossiers créés ou modifiés cet été.

Les services d'intendance sont paralysés. La surcharge de travail des agent.es administratives à la réouverture des services est déjà une source de grande inquiétude et de souffrance professionnelle pour les personnels.

CE N'EST PAS AUX PERSONNELS DE PAYER LES POTS CASSES

On a numérisé à marche forcée le fonctionnement de l'Éducation nationale sans donner aux services les moyens humains et techniques de sa continuité. Quand les outils marchent, on exige des personnels une disponibilité permanente. Quand ils s'arrêtent, on leur demande de bricoler et de travailler davantage en "mode dégradé".

Et pendant que le système s’effondre, que les personnels bricolent avec des téléphones et du papier et que la rentrée se prépare dans l’incertitude, le ministère continue de communiquer sur une prétendue « revalorisation ».

Le contraste est saisissant : d’un côté, des services publics incapables d’assurer leur fonctionnement ; de l’autre, un ministère qui explique aux personnels qu’il faut travailler toujours davantage pour gagner - peut-être - un peu plus.

La réalité, c’est surtout toujours plus d’injonctions, toujours plus de missions et toujours moins de moyens pour les accomplir. 

NOS EXIGENCES

 

  1. Rétablissement immédiat et sécurisé de l'ensemble des outils indispensables (messagerie, ENT, ONDE, LIEN, RSST, gestion des personnels), avec la garantie que les failles ayant permis l'intrusion soient corrigées et la sécurité des données assurées ;
  2. Garantie écrite du versement intégral et à la date prévue des salaires pour tous les personnels ;
  3. Aucune surcharge ni aucune sanction pour les personnels : report ou aménagement de la rentrée là où les conditions matérielles ne permettent pas un fonctionnement normal ;
  4. Un bilan public de la crise, des moyens supplémentaires, des embauches immédiates et pérennes pour sécuriser durablement les systèmes et renforcer les services informatiques et administratifs publics.  

SUD éducation Académie de Nantes appelle les personnels à se réunir dès la reprise en heures d'information syndicale, établissement par établissement, pour faire l'inventaire des dysfonctionnements et des conséquences sur les conditions de travail — et à consigner, malgré la panne, chaque incident, chaque surcharge, chaque danger, par tout moyen disponible. Bien des questions demeurent : pour combien de temps ?  Avec quelles exigences nouvelles ?…

→ Le ministère et le rectorat sont responsables de leurs systèmes, de leurs choix et de leurs défaillances. Nous ne voulons pas d'une rentrée du « débrouillez-vous » !

SUD éducation Pays de la Loire

Consulter l'article fédérale ICI.