texte d'orientation dualisme scolaire
La concurrence entre l’enseignement public et l’enseignement privé est un débat vieux comme l’école publique, pourtant toujours bien d’actualité. En Vendée, c’est la moitié des enfants qui sont scolarisé⋅es dans le privé, ce qui instaure ainsi une réelle concurrence entre public et privé tout en faisant la promotion de l’enseignement religieux.
En Vendée, on privilégie l’école de Dieu à « l’école du diable »
Dans notre département, 60 communes n’ont pas d’école publique. Les écoles publiques de rattachement pour ces communes n’ont pas toujours de transport scolaire permettant aux enfants de les rejoindre. La Région Pays de la Loire, en charge de la compétence des transports scolaires, indique en instance (CDEN) que “la demande ne justifie pas l’offre” puisque trop peu d’élèves seraient concerné⋅es, en oubliant qu’il s’agit d’un service public échappant donc à la logique de marchandisation. Dans le secondaire, notamment dans les lycées, les transports mis en place par la Région, emmènent directement les élèves de leur commune jusqu’à la porte de leur lycée privé catholique. Tandis que les lycéennes et lycéens du public ont des temps de trajet doublés voire triplés car les arrêts de prise en charge sont moins nombreux et les parcours plus longs. Les lycéen⋅nes des établissements publics de La Roche sur Yon doivent ainsi faire des changements pour prendre les transports en commun, contrairement à celleux du privé catholique.
En 2022, des aumôneries catholiques ont même été rouvertes dans plusieurs établissements publics, officiées par des curés, au sein même des établissements pourtant sans internat. Le département de Vendée promeut et finance des projets qui portent une idéologie révisionniste de l’histoire de la Vendée et qui nuisent à la laïcité : BD La Vendée : une histoire entre terre et mer distribuée à toutes et tous les élèves de 6ème, passeport du civisme avec cérémonie de bénédiction du drapeau à Talmont Saint Hilaire, invitations au Puy du fou des élèves de CM2…
En Vendée, on finance le tri social
Les établissements privés catholiques accueillent les enfants à l’indice de position sociale (IPS) le plus élevé du département quand les établissements accueillant les élèves à l’IPS le plus faible sont tous publics. Ce dualisme scolaire entretient objectivement un véritable tri social, ainsi que la promotion de l’enseignement religieux, en totale opposition avec les principes d’une société démocratique et émancipatrice.
Alors que l’État devrait privilégier le financement des établissements publics accueillant les élèves des classes sociales les plus défavorisées, les moyens publics vont vers le privé. En effet, les établissements catholiques ne fonctionnent que grâce aux financements publics, de l’État qui finance les personnels enseignants, et des collectivités territoriales qui sont tenues par la loi (loi Falloux, loi Debré …) de financer à égalité les élèves du public comme celles et ceux du privé. En Vendée, ces collectivités financent même de manière volontaire et en dehors de toute obligation légale, les associations de gestion des écoles catholiques, ou l’institut catholique d’enseignement supérieur, l’ICES, dont de nombreux⋅ses enseignant⋅es et étudiant⋅es se sont fait remarquer pour leur engagement à l’extrême-droite, leurs actions violentes homophobes ou leurs prises de positions réactionnaires. L’obligation de scolarisation à partir de 3 ans en 2019 n’a fait que renforcer ce financement public. En effet, en 2023, ce sont 10 000 enfants qui sont scolarisé⋅es en école maternelle privée en Vendée (et 20 000 en primaire). Le montant forfaitaire pour La Roche-sur-Yon s’élève par exemple à 1289 €/élève de maternelle et 609 €/élève d’élémentaire, en extrapolant à toutes les communes de Vendée, ça porte le montant total alloué aux écoles privées par les communes à plus de 25 millions d’euros ! Le département finance quant à lui 16,7 millions d’euros pour les collèges privés.
En Vendée, une privatisation de l’apprentissage
Pour les élèves les plus en difficulté à l’école, l’État se désengage complètement au profit de structures comme les MFR et les CFA privés, payantes, qui vont récupérer les moyens dédiés à l’apprentissage pour offrir des formations professionnalisantes très inégales. Coûteuses, ces formations sont proposées aux familles qui ont les moyens financiers de payer une telle formation ou les ressources administratives pour réaliser une demande de bourse. De même, ces formations s’appuyant sur une logique d’alternance en entreprise, les familles doivent donc avoir les réseaux pour trouver des stages, ce qui renforce l’inégalité entre les élèves.
Pour SUD éducation 85, il est plus que jamais temps de mettre fin au dualisme scolaire :
- en arrêtant le financement public de l’enseignement privé
- en nationalisant l’enseignement privé, sans indemnité ni rachat, et en transférant ses personnels dans les corps correspondants de l’enseignement public
- en apportant de réels moyens pour une offre de formation diversifiée, s’adressant à tou⋅tes les élèves dans leur diversité
