CDEN du 07-​04-​2026 : Compte-​rendu de SUD éducation 85

Le Comité Départemental  de l'Education Nationale (CDEN) est une instance regroupant les élu·es du personnels (SUD éducation, Fsu, Unsa, FO et la Cfdt [absente]) ainsi que la directrice académique, le SG, l'IEN Adj, les services de la Dsden ; les représentant·es des parents (FCPE) ; des élu·es des collectivités territoriales (communes, département et région) et le préfet en tant que représentant de l'Etat.

Dès la lecture de notre déclaration liminaire (à lire ICI), quelques visages se sont crispés. Oui, SUD éducation ne siège pas pour approuver la casse du service public d'éducation.

Loin d'être exhaustif, notre compte-rendu vous fait un palmarès des déclarations orwéliennes (pour ne pas dire trumpistes) qui ont jalonné le CDEN.

Le nouveau préfet de Vendée a directement voulu faire jouer l'argument d'autorité en nous parlant de sa thèse sur la "peste brune" (on tempérera à la lecture de son résumé...). Ce giscardien de la première heure s'est surtout illustré par son opposition aux Gilets Jaunes de Nancy en privilégiant le droit de travailler au droit de manifester, et par son manque de respect des droits et de la dignités des exilés selon RESF.

Pourquoi s'attarder sur cet énarque, arrière petit-fils de président ?
Parce que son statut de privilégié permet de contraster avec certaines de ses prises de positions.

En effet, il ose nous affirmer que mathématiquement, si le nombre d'élèves baisse, alors il faut diminuer le nombre d'enseignant·es. Remarquons qu'il n'a osé faire une règle de 3 que pour le premier degré, car pour le second degré, ça n'aurait pas appuyé son propos.

L'ensemble des organisations syndicales (OS) a alors contredit son propos avec exemples à l'appui (ruralité, ASH, TPS...) ainsi qu'en avançant l'argument que la baisse de la natalité est une occasion pour améliorer les conditions de travail et d'enseignement. Des comparatifs avec les autres pays de l'OCDE ont aussi été avancés (la France étant dans les pires taux d'encadrement européens). Mais là où le cynisme atteint son paroxysme, c'est quand le préfet nous dit qu'il a fait une partie de sa scolarité dans une classe à 4 élèves et que "c'était royal".

J'ai été dans une classe à 4 élèves et c'était royal !

(préfet)

Les élu·es de la FCPE lui font alors remarquer que le nombre d'enfants en situation de handicap augmente et que pourtant les moyens qui leur sont alloués n'augmentent pas en proportion.

Concernant la concurrence scolaire du privé financé par nos impôts, certains discours d'élu·es des collectivités nous laissent pantois·es. Lors d'un CDEN où l'on est en droit d'attendre une défense du service public d'éducation, les discours sur le formidable dualisme scolaire n'ont pas cessé. La possibilité de choix du privé a été louée.

La proposition de carte scolaire pour le premier degré a été refusée par les OS et la FCPE. Les élu·es des collectivités ayant préféré s'abstenir ; pas par rejet mais parce qu'une fermeture en début de mandat de maire, ce n'est pas idéal pour une carrière politique.

Concernant le second degré, les élu·es du département ne partagent pas notre expression "état déplorable de nombreux collèges et lycées en Vendée". Effectivement, quand même lors des CA ces élu·es ne se déplacent pas, iels ne peuvent pas constater nos affirmation. Nous invitons donc les personnels de ces établissements détériorés à nous envoyer les photos les plus explicites que nous ferons suivre (en vous anonymisant) à ces élu·es. S'enfonçant plus loin, un élu nous parle des fabuleux travaux du collège Renoir. C'était sans compter les parents d'élèves affirmant que les travaux sont attendus depuis des années et n'ont toujours pas commencé. Face à ses contradiction, l'élu a tout de même avoué que ces 10 dernières années, du retard avait été pris...

Mais la palme est peut-être attribuée à cette élue de la région chargée du transport scolaire (Aleop) qui a dit que par équité, les élèves des RPI devraient désormais payer le même tarif que les autres, soit un doublement du tarif pour des élèves n'ayant pas d'école publique dans leur ville (Rappelons qu'avant la gestion par la région, ce service était gratuit pour les familles, Merci Morançais !).

Un syndicat a dit que c'était pénaliser les ruraux. A la vue des IPS (Indices de Positionnements Sociaux) de ces RPI, SUD éducation a dit que c'était pénaliser les pauvres. Et que tant qu'à parler d'équité, il fallait aligner le tarif sur le quotient familial (mais l'élue régionale ne peut "pas entendre ça").

Face à tant d'inéquité sociale, même le préfet est resté sidéré, ne comprenant pas la logique de la région. Mais cette logique est toujours la même pour Morançais : prendre aux pauvres pour donner aux riches.

Quant à cet autre élu ne comprenant pas notre "guerre" au privé, SUD éducation lui a rappelé qu'il ne s'agissait pas d'une guerre mais d'une lutte des classes. Ce à quoi il a répondu que "Même [son] grand-père à la CGT n'aurait pas dit ça". Nous l'invitons donc à comparer les IPS des établissements publics et privés de même secteur et surtout à aller lire les revendication de la CGT enseignement privé qui, comme SUD éducation et le SUNDEP, revendique la nationalisation des établissements privés et la fonctionnarisation de tous les personnels.

Concernant nos questions diverses, nous retiendrons simplement que ni la Dasen, ni le préfet, ne voient quelque chose à redire sur la présence du Passeport du civisme dans les écoles publiques ou à la présence de policiers en arme (hors mission de sécurité) dans les classes élémentaires.